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ECRITS ET CRITIQUES
Critique de Caroline CANAULT, Journaliste, critique d‘art, Rédactrice en chef Espace ART’s Magazine
Daniel TIHAY, mÉtal criant
Cet enfant de Vulcain manie le matériau brut avec une puissance maîtrisée pour souligner les failles d’une civilisation toujours en tension entre la rupture et le lien.

Daniel TIHAY a choisi la mécanique générale, puis la chaudronnerie et le travail des métaux en feuille tout en étant attiré par les capacités artistiques à réaliser des volumes à partir du métal.
Son discours se forge d’abord sur une démarche humaniste.
« Le métal - créé par l’homme – est à la base du développement de la civilisation humaine. J’applique volontiers au métal des traits de caractère que j’aime retrouver chez l’humain ; le métal est franc. Il est faussement rigide et froid et se laisse travailler facilement par celui qui possède le savoir faire qu’il exige. Une sorte d’approche initiatique est nécessaire pour pouvoir le travailler. » Le procédé débute par le dessin, puis les éléments sont façonnés, découpés, déformés à froid ou à chaud, pliés, soudés… Les pièces déjà préformées ou récupérées sont systématiquement modifiées et ajustées. L’artiste aime apporter sa propre empreinte aux matériaux jusqu’aux finitions des patines.
L’œuvre de Daniel TIHAY est un inventaire de formes, de pièces détachées disponibles à profusion.
La matérialité dense, tangible et sensible relève la tension qui travaille la sculpture entre abstraction et figuration entre concentré et éclatement. Conjuguée au poids de l’acier, l’illusion d’une puissance cinétique des artéfacts tridimensionnels se met en place.
L’expérience de la spatialité est approchée par des formes géométriques ; des disques, des caissons, des palettes rectangulaires, carrées, accidentées, brochées, boulonnées, suturées. La ligne chaotique montre son pansement. La plaie visible, reste ouverte mettant en scène une souffrance soignée.
« Par ces formes géométriques je ne cherche pas particulièrement à figurer une idée ou quelque chose de précis. Pour moi c’est d’abord un support physique, un « cadre de liberté » qui me permet d’exprimer mon sujet. Je pense à Fontana qui avait besoin d’une toile bien tendue pour pouvoir rendre l’effet des fentes sous ses coups de cutter. »
Daniel TIHAY renforce la théâtralité sculpturale. Il rend l’événement possible. Les fissures sont des situations surgissantes, des dérapages qui échappent au contrôle. Comme un déplacement des forces en présence, des découpes spatiales de la géographie d’un monde en mouvement. Les craquements visibles d’une planète qu’engendre son usure. Ce sont les failles humaines, les impulsions, les souvenirs, les espoirs, les angoisses de chacun. Des mouvements intimes qui déchirent, laissent une trace.
« Ce sont des états, des situations, des évènements qui constituent le parcours même de l’homme sur la terre (…) La fissure annonce la déchirure, puis la rupture, celle de notre société qui développe une technique de plus en plus sophistiquée mais qui de ce fait devient aussi de plus en plus fragile (…) Le lien et la rupture c’est la vie. La venue au monde d’un petit être ne commence-t-elle pas déjà par une déchirure, soignée par un lien ? »
Le lien répare et rassemble. Il relie la rupture dans l’espace temps.

Les sculptures contemporaines de Daniel TIHAY livrent à notre regard un processus au sein duquel la notion de temps repose sur une ambivalence radicale. Il concentre le réel, créant simultanément plusieurs sous-couches de temps et d’espace. Ses compositions aux traits futuristes sont aussi des empreintes du passé mêlant le brillant au rouillé. Des débris spatiaux temporels dont la représentation travaillée par stratifications devient une réminiscence de la mémoire qui continue à faire sens.
Analyse ARTRINET du critique d’art Francis PARENT :
Analyse Artrinet de l'Œuvre de TIHAY Daniel
http://www.artrinet.com/fiche_classification.php?id=3292
L’analyse de l'œuvre réalisée par le critique et historien d’art Francis Parent comprend plusieurs critères, destinés à positionner l'artiste dans la création contemporaine.
A : FORMALISME B : MATERIALITE
C : INVESTISSEMENT
CORPS / ESPRIT
  D : COMMUNICATION
Critique de Jean-Claude SEVELLEC, Photographe, Commissaire d’exposition
Présences d’un autre monde, prémonition d’Artiste visionnaire d’un Après mystérieux, post-apocalyptique ?

J’ai l’étrange impression, en déambulant entre les œuvres de Daniel TIHAY, de découvrir des créatures nouvelles à la fois belles, poétiques et angoissantes.

Le métal poli et brillant se mêle à la matière brute et laisse entrevoir, au travers de déchirures béantes ou suturées, des entrailles colorées dont on ne saurait dire si elles sont végétales, minérales ou organiques.
Les réceptacles ligaturés semblent vibrer d’une vie latente, des inflorescences inconnues, lisses et claires, s’extirpent de la matière brute et sombre, des viscères de cuivre roux se meuvent sous la peau éclatée.

Ce ne sont pas là de simples objets, façonnés pour le plaisir du regard, mais bien l’œuvre, puissante et suggestive, d’un Artiste inspiré qui guide nos pas dans un monde futuriste laissé tout entier aux espèces hybrides et intelligences artificielles, aux nouvelles « Fleurs du Mal » : Un univers de mutants.
Jean-Yves BOSSEUR
Compositeur, Directeur de recherches au CNRS,
Auteur de plusieurs livres traitant de musique et d' arts plastiques modernes et contemporains.
Pour ses sculptures, Daniel Tihay utilise le métal brut (acier, inox, cuivre, zinc) plutôt que des pièces métalliques préformées : « Le métal - créé par l’homme - est à la base du développement de la civilisation humaine. J’applique volontiers au métal des traits de caractère que j’aime retrouver chez l’humain; le métal est franc. Il est faussement rigide et froid et se laisse travailler facilement par celui qui possède le savoir faire qu’il exige. Une sorte d’approche initiatique est nécessaire pour pouvoir le travailler ». Bien que D. Tihay base volontiers son vocabulaire plastique sur des formes géométriques élémentaires (disques, caissons, palettes rectangulaires, carrées...), son œuvre se situe fréquemment à la croisée de la figuration et de l’abstraction, ne craignant nullement de laisser la matière ainsi explorée faire apparaître toutes sortes d’accidents, de points de suture, de rapiéçages, de fissures, conjuguant parfois plusieurs types de surfaces, tour à tour lisses, brillantes, granuleuses, rouillées, comme si des strates temporelles successives en venaient à s’interpénétrer et à réagir les unes par rapport aux autres... « La fissure annonce la déchirure, puis la rupture, celle de notre société qui développe une technique de plus en plus sophistiquée mais qui de ce fait devient aussi de plus en plus fragile ».Ce sont d’ailleurs de tels aspects qui contribuent à donner à ses sculptures des qualités intensément organiques et vivantes. Le métal se charge dès lors d’un puissant potentiel expressif, même si, dans ses œuvres, l’artiste ne cherche nullement à transmettre un message en particulier, mais plutôt à révéler le matériau selon ses modalités de présentation les plus diverses afin de le rendre plus proche de nous.
  André FREUND - Commissaire d'exposition
« Daniel TIHAY est sculpteur de métal. Il réalise ses premières sculptures dans les années 80.
Il installe en 2006 son atelier en Bretagne, dans les Côtes d’Armor et se consacre à plein temps à son acticité de sculpteur.
Le thème essentiel de son travail actuel porte sur les liens et les ruptures.

Son approche théurgique, quasi initiatique, à la limite d’un traitement alchimique du métal, engendre des compositions novatrices, œuvres aux traits futuristes, puissantes, suggestives, aboutissement d’un long cheminement spirituel avec la matière qui nous entraîne au cœur de ses créations. Cet équilibre des masses, cette harmonie des formes, délivre un choc émotionnel qui nous transporte dans un autre monde, monde irréel façonné pour le plaisir du regard. »
ART TERRIBLE LE SALON, Espace Commines, 75003 Paris
« Les sculptures de Daniel TIHAY, bâties sur les questions de lien et de rupture, jouent entre le minéral - une lisse paroi satisfaisante de perfection au regard et au toucher - et l’organique. Cette émergence d’une trace de vivant, caché souvent, suturé parfois, donne à son travail un étrange sentiment d’expressionnisme abstrait. »
Catherine PEAN
« On dirait des boites rigides et mécaniques, fendues ou déchirées.

Par les ouvertures, une espèce de matière qui semble organique et vivante apparaît et parfois se répand à l’extérieur malgré les rafistolages et les liens qui, en dépit de leur apparente solidité, ne parviennent pas toujours à la contenir. 

C’est aussi comme un mur qui éclaterait sous l’effet d’une force cachée à l’intérieur et qui ferait apparaître quelque chose d’inquiétant ou de merveilleux, c’est selon, mais en tous cas mystérieux »
« Liens et ruptures »
Se fissurer, se déchirer
Rafistoler, rapiécer
Chercher et trouver la faille
Ouvrir une brèche
mais aussi…
Colmater la brèche
Arriver au point de rupture
Rompre les liens
Recoller les morceaux
Rompre ses chaînes
S'ouvrir aux autres
Daniel TIHAY - sculpture métal
Création Bernard Floch 2008/2013 - 02-96-62-18-93